Chaque année, CHÂTEAU MONTDOYEN produit un volume moyen de Monbazillac de 400HL (variable en fonction des aléas climatiques, 2017 nous ayant rappelé que la nature reprend ses droits quand elle le souhaite…), ce qui représente entre 25 et 30% de notre production toutes appellations confondues. En termes de surface, cela représente plus de la moitié de nos vignes : 22,5 hectares répartis entre Sémillon, Sauvignon Blanc et Gris, Muscadelle.

Mais qu’entend-on par l’appellation Monbazillac ? Un vin liquoreux certes, mais encore ? Dans la trilogie qui va suivre sur ces prochaines semaines, nous vous dévoilerons quelques éléments qui vous éclaireront et permettront de briller auprès vos amis lors de votre prochaine dégustation:-)

Commençons dans cette première partie par un peu d’histoire…

Les terres de Mont-Bazaillac appartenaient à un prieuré bénédictin créé à Bergerac, au XIème siècle. Les moines y ont défriché la colline pour y planter de la vigne. Totalement accaparés par d’autres tâches, ils délaissent un moment leurs vignes, permettant à la pourriture noble de s’y développer. Ne souhaitant cependant pas perdre le bénéfice de leur récolte, ils découvrent alors l’action bénéfique de Botrytis Cinerea (la pourriture noble).

La révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, oblige quelques grandes familles de la bourgeoisie huguenote à émigrer en Hollande. Cela a pour conséquence de développer d’une manière considérable le commerce des vins de « Monbazillac » vers les Flandres du Nord. Une véritable hiérarchie s’instaure dans la qualité des vins doux et la notion de crus, ou de vins de propriétés, apparaît à travers les « marques hollandaises ».

La crise phylloxérique n’épargne pas le vignoble de « Monbazillac » qui est totalement détruit en 1885.
Dix ans plus tard, avec la technique du greffage, la résurrection est en cours et à la fin de la première guerre mondiale, le tiers du vignoble est replanté.

L’appellation d’origine contrôlée « Monbazillac » est reconnue le 15 mai 1936, définissant la zone géographique par jugement. Dans la prochaine partie, nous vous parlerons de ses caractéristiques, de la vigne à l’embouteillage…

Source : Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « MONBAZILLAC » homologué par décret n° 2011-1355 du 24 octobre 2011, modifié par décret n° 2014-702 du 25 juin 2014, modifié par arrêté du 24 avril 2017 publié au JORF le 3 mai 2017